Guerre au Moyen-Orient: un G7 Finances-Energie lundi sur l'impact économique
La France réunit lundi un G7 avec les ministres des Finances, ceux de l'Énergie et les responsables des banques centrales, un format inédit selon Paris, pour échanger sur les répercussions économiques liées à la guerre au Moyen-Orient.
Face à la flambée des prix de l'énergie, "il y a déjà des écarts de réponse, et elles sont en grande partie liées aux écarts de situation et d'exposition à la crise", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, soulignant que l'Asie était particulièrement exposée.
"C'est une des raisons pour laquelle on a souhaité réunir un G7 Finances-Energie-banques centrales lundi, pour qu'au même endroit, à la même heure, on puisse échanger tous ensemble sur les marchés énergétiques - internationaux, nationaux -, l'impact sur les marchés financiers et l'impact sur l'économie, évidemment", a-t-il ajouté vendredi lors d'une conférence de presse.
La France préside depuis janvier le groupe de pays qui rassemble Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.
C'est "la première fois depuis 50 ans" qu'un G7 est convoqué dans cette configuration, avait indiqué Roland Lescure sur RTL.
- Réserves stratégiques -
La réunion se tiendra à 13H00 (11H00 GMT) par visioconférence, comme cela avait déjà été le cas pour le G7 Finances du 9 mars. Seront également présents l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, voie maritime clé pour le commerce des produits pétroliers, par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures et perturbé les chaînes d'approvisionnement.
Le 9 mars, les ministres des Finances avaient indiqué être prêts, face à l'envolée des cours des hydrocarbures, à "toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole", selon les mots de Roland Lescure.
Depuis, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole tirés des réserves de ses 32 pays membres, dont la France, pour amortir la flambée des prix.
Face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, dont la durée est incertaine, de nombreux Etats ont dégainé des mesures pour limiter les effets des difficultés d'approvisionnement et de l'envolée des cours de l'énergie.
En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d'environ 70 millions d'euros, ciblée et limitée au mois d'avril, au profit des secteurs de la pêche, de l'agriculture ou des transports.
- "Liberté de navigation" -
Cette nouvelle réunion du G7 intervient quelques jours après celle qui a rassemblé les ministres des Affaires étrangères, jeudi et vendredi à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Ceux-ci ont exhorté dans un communiqué commun "à un arrêt immédiat des attaques les contre les populations et les infrastructures civiles" au Moyen-Orient.
Les chefs de la diplomatie ont aussi "réaffirmé la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d'Ormouz".
Alors que le conflit ne montre pas de signe d'affaiblissement, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines", que les Etats-Unis envoient ou non des troupes au sol.
"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a-t-il affirmé.
Un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 est programmé à Évian mi-juin.
K.Torres--SFF