Après minuit sur les 24H du Mans: chassé-croisé entre BMW, Cadillac et Toyota
La course automobile sur circuit la plus longue du monde, les 24H du Mans, a passé dimanche à 00H00 la barre des huit heures d'épreuve avec un chassé-croisé en tête entre les Toyota, les BMW et les américaines Cadillac, en quête d'une première victoire.
La température caniculaire lors du départ samedi à 16H00 devant quelque 400.000 personnes - un mélange de public populaire et de VIP - a subitement baissé vers 00H00 quand les 62 bolides, dont 18 "Hypercars" atteignant 340 km/h, ont été contraints de ralentir durant une demi-heure derrière une voiture de sécurité, en raison d'un accrochage.
A la reprise, la Toyota N°8 menait la meute devant les deux Cadillac d'usine numéros 12 et 38 et la BMW N°20. La 3e américaine, portant le numéro 101 de l'écurie privée WTR, complétait le top 5.
En revanche l'autre BMW N°15 est repartie en avant-dernière position des "Hypercars", des monstres de puissance et de technologie, après un très long arrêt au stand.
Le premier tiers de cette épreuve dantesque et plus que centenaire sur un circuit de 13,6 km mordant sur des routes nationales de circulation autour du Mans (Sarthe), a vu les voitures japonaises, américaines et allemandes s'échanger les premières places.
Au gré des stratégies de changement de pneus, ravitaillement et relais entre le trio de pilotes de chaque voiture, dont le Français Sébastien Bourdais au volant d'une Cadillac.
Une des trois Ferrari, la N°50, n'a pas fait mieux que 5e en milieu de soirée, avant de dégringoler à la dernière place.
La marque légendaire italienne au cheval cabré est pourtant triple championne du monde d'endurance depuis son retour en 2023 en "Hypercars" et trois fois couronnée au Mans depuis cette date.
- Détrôner Ferrari -
Cadillac veut détrôner Ferrari, ce qui serait une première pour la filiale du géant américain General Motors, 60 ans exactement après le triomphe de l'autre mastodonte automobile des Etats-Unis, Ford, contre... Ferrari.
Quant au premier constructeur mondial Toyota, le plus impliqué dans le sport auto, il a gagné cinq fois au Mans de 2018 à 2022 et a remporté la première manche de la saison en avril à Imola (Italie).
L'un de ses pilotes, le Suisse Sébastien Buemi, a dit lors d'un passage de relais qu'il fallait rester "calme" et "ne pas faire d'erreur" jusqu'à l'arrivée dimanche à 16H00 (14H00 GMT) d'une épreuve qui teste la résistance des hommes et des machines.
Les Toyota et les Ferrari, qui ont peiné mercredi et jeudi lors des essais et des qualifications, sont soupçonnées par leurs concurrentes, comme les Peugeot, d'avoir caché leur jeu pour surprendre durant la course.
Côté français, Alpine, dont c'est le dernier "Le Mans" et l'ultime saison en "Hypercar", continue de tenir ses promesses d'un "bon résultat" en étant 6e et 7e après minuit.
En revanche, les Peugeot 9X8, qui prennent une "douche froide" dans la Sarthe selon le directeur du constructeur français, Alain Favey, pour le centenaire de sa participation, se traînent aux 14e et 16e rangs.
En l'absence de l'écurie Iron Dames et de son équipage 100% féminin, seules deux femmes ont pris le départ cette année.
La Française Doriane Pin, pilote de développement chez Mercedes en F1, au volant au Mans de la voiture N°30, a occupé en soirée la tête de la catégorie intermédiaire LMP2, des prototypes qui ont tous le même châssis du petit constructeur français Oreca.
Depuis dix jours, la ville moyenne du Mans et son circuit permanent Bugatti, rallongé à 13,626 km, se sont transformés en temple du sport automobile et du divertissement avec un immense "village" d'exposants, boutiques, restaurants, concerts et loges pour milliers d'invités triés sur le volet qui ont assisté à un spectaculaire feu d'artifice pendant l'interruption de course.
Des centaines de milliers de fans, dont nombre d'étrangers en famille, sont massés dans les tribunes ou campent aux abords du circuit.
Vendredi, ils avaient assisté à une "parade des pilotes" en ville et déambulé sur la piste à pied ou à vélo.
Comme ce septuagénaire qui a raconté sur grand écran au micro des organisateurs en être à son "35e ou 40e Le Mans, en 58 ans".
T.Rivera--SFF