Ligue 1: en perdition, Rennes écarte Beye et espère Haise
Après avoir échappé au couperet de justesse à l'automne, Habib Beye a été écarté lundi après quatre défaites consécutives par le Stade Rennais, qui négocie avec Franck Haise pour le remplacer.
Le club breton a annoncé lundi avoir "engagé une procédure" contre le technicien, remplacé par l'entraîneur de l'équipe réserve Sébastien Tambouret, qui avait déjà assuré un intérim d'un match en novembre 2024 entre le limogeage de Julien Stéphan et l'arrivée de Jorge Sampaoli.
Il aura le redoutable honneur de diriger l'équipe pour la réception du Paris SG, vendredi, sans Jérémy Jacquet et Abdelhamid Aït Boudlal, les deux meilleurs défenseurs des Rouge et Noir, blessés.
Mais une source proche des négociations a confirmé à l'AFP dans l'après-midi que des contacts ont été noués avec Franck Haise, ancien entraîneur de Lens et Nice, mais aussi du centre de formation des Bretons, pour qu'il remplace Beye.
Rennes, actuellement sixième de Ligue 1 et virtuellement qualifié pour la Ligue Europa, -- en phase avec ses objectifs -- occupe pourtant la même place qu'il y a un mois, après une victoire à Lille (0-2) qui lui avait permis de rêver à la Ligue des champions après six victoires en sept rencontres.
Mais cette belle dynamique a subitement volé en éclat avec quatre défaites, contre Lorient à domicile (2-0), mais surtout un 4-0 à Monaco, une élimination sèche (3-0) en Coupe de France contre Marseille puis un revers 3-1 à Lens samedi.
Au-delà des résultats, le contenu des matches s'est spectaculairement dégradé, Rennes et con coach semblant tout à fait impuissants à enrayer cette chute libre.
- Une légitimité toujours contestée -
L'histoire relativement brève de Beye avec Rennes - à peine plus d'un an et 39 matches, toutes compétitions confondues - n'aura de toute façon jamais été simple.
Arrivé fin janvier 2025 au chevet d'une équipe 16e au classement, Beye avait été imposé par le patriarche de la famille Pinault, François, propriétaire du club. Une relation privilégiée dont il s'est souvent targué et qui lui avait déjà sauvé la mise in extremis fin octobre, alors que la direction du club penchait pour un départ.
Choix plutôt audacieux, compte tenu de son absence totale d'expérience sur un banc en Ligue 1, Beye a toujours semblé lutter contre des forces contraires au sein du club.
Ses relations avec son président Arnaud Pouille ont toujours été, au mieux, cordiales.
Ce dernier, en faisant venir de nombreuses personnes côtoyées lorsqu'il était directeur général du RC Lens, comme les joueurs Brice Samba, Seko Fofana et Przemyslaw Frankowski, le directeur de la performance Laurent Bessière, et même la diététicienne, a étayé l'idée d'une guerre de clans dans un club qui a toujours eu du mal à les éviter.
Beye a aussi parfois dû ferrailler pour imposer ses principes de jeu et ses choix pour le onze de départ à son vestiaire.
- Une communication crispante -
Seko Fofana et Ludovic Blas avaient été écartés d'un premier match-couperet à Toulouse (2-2), et samedi, à Lens (1-3), c'est Brice Samba qui n'a pas été retenu dans le groupe après un différend lors de l'élimination à Marseille et plusieurs prestations indignes d'un gardien numéro 3 chez les Bleus.
Beye paye aussi une communication qui a parfois suscité incompréhension, voire agacement, après certaines défaites ou lorsqu'il s'était attribué une très grande part dans les offres mirobolantes formulées pour Kader Meïté et Jérémy Jacquet cet hiver, alors que les deux joueurs étaient sur les tablettes de tous les grands clubs européens bien avant qu'il n'arrive en Bretagne.
Malgré la a troisième meilleure moyenne de points (1,56 par match, toutes compétitions confondues) parmi les entraineurs des Rouge et Noir au XXIe siècle - assez loin de Bruno Genesio (1,73) et Guy Lacombe (1,72) qui le devancent - sa mise à l'écart était prévisible.
Elle en dit cependant moins sur lui que sur un club pris par une forme de panique après deux saisons sans Europe et dans un contexte financier global rendu plus difficile encore par une succession de mercatos aussi dispendieux que contestables.
O.Green--SFF