Tirs dans les Yvelines : un mort et plusieurs blessés, Macron dénonce un "attentat terroriste raciste"
Un homme soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration a tué une personne et fait cinq blessés vendredi dans les Yvelines après avoir tiré en rafale depuis une voiture, un "attentat terroriste raciste" selon Emmanuel Macron.
Le suspect avait également piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur son appartement situé à Plaisir, à quelques km des communes de Trappes et de La Verrière où s'est déroulée l'attaque, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui s'est rapidement saisi des faits.
L'immeuble où il réside avait été évacué et son quartier bouclé dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'homme a été interpellé et placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct, a annoncé le Pnat.
L’Élysée a dénoncé un "attentat terroriste raciste", poussant le président Macron à se rendre à Trappes en début de soirée, pour exprimer "sa solidarité à l'ensemble des personnes mobilisées". Il y a notamment rencontré le procureur de la République et des habitants.
Selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui s'est rendu dans cette ville populaire au sud-ouest de Paris plus tôt dans la journée, une personne a été tuée et cinq grièvement blessées. Parmi les blessés figure une enfant de 12 ans.
Le Pnat a annoncé avoir ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".
L'attaque était "objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe", a jugé vendredi après-midi le maire de Trappes, Ali Rabeh, après s'être entretenu avec le ministre de l'Intérieur.
- "Effroi" -
Sur BFMTV, il a indiqué que parmi les victimes, "la personne décédée est d'origine africaine et la personne en urgence absolue est d'origine maghrébine", évoquant la volonté présumée du tireur de faire un "carnage".
Laurent Nuñez, accompagné à Trappes de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un "crime terroriste" et "un acte extrêmement grave".
Après avoir tiré en rafale depuis une voiture, le suspect de 39 ans a été interpellé à Coignières (Yvelines), selon une source policière, indiquant que les faits s'étaient produits vers 10H30.
Il a été interpellé en possession d'un pistolet-mitrailleur, de grenades de gaz lacrymogène et est inscrit dans le fichier du Traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial, selon cette source.
A La Verrière, le maire Nicolas Dainville a indiqué à l'AFP qu'une fille de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle, mais que son état était désormais "stabilisé".
"C'est l'effroi, le traumatisme, un cauchemar", a-t-il déclaré à l'AFP.
- "Désescalade" -
Samy, un habitant de Trappes, a vu un corps allongé au sol depuis sa fenêtre.
Sa mère, a-t-il témoigné auprès de l'AFP, était dans la rue et a vu une voiture Clio grise "passer à toute allure" et a entendu "des détonations".
"Clairement, là, j'ai le cœur brisé et ce qui m'anime, c'est la peur", a témoigné un autre résident, Adel, un homme de 50 ans d'origine maghrébine. "Tout simplement parce que le profil des victimes (...) ce sont des profils de personnes qui sont racisées."
Une cellule d'aide psychologique a été mise en place.
"Nous sommes collectivement responsables de ce qui vient de se passer et de ce qui pourrait se passer de nouveau dans notre pays", a déclaré Ali Rabeh.
A six mois de la présidentielle, l'édile de Trappes a estimé que "notre responsabilité à tous, c'est la désescalade, c'est la concorde républicaine".
W.Thompson--SFF