Des attaques de missiles sur Kiev font au moins treize morts et de lourds dégâts
La capitale ukrainienne a subi des barrages de missiles et de drones russes qui ont détruit des étages entiers de bâtiments résidentiels et fait au moins treize morts et 86 blessés jeudi matin, selon les autorités, après un avertissement de Volodymyr Zelensky.
"A l'heure actuelle, il y a 13 morts", a indiqué le maire Vitali Klitschko. Un précédent bilan fourni par les autorités locales faisait état d'au moins neuf morts.
"Ne retardez pas les décisions concernant la défense aérienne pour l'Ukraine ! C'est notre principale demande à nos partenaires après une nuit d'horreur à Kiev", a lancé jeudi matin le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.
Le président ukrainien avait indiqué la veille depuis Dublin rentrer immédiatement à Kiev, disant craindre une attaque "de grande envergure" de la Russie. "Nous savons que (Vladimir) Poutine prépare cette frappe massive contre l'Ukraine depuis un certain temps déjà", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en Irlande mercredi, appelant les Ukrainiens à "redoubler de prudence pour se protéger".
Le ministère russe de la Défense a confirmé jeudi avoir effectué une "frappe massive" contre la capitale ukrainienne, "en réponse aux attaques terroristes du régime de Kiev contre des infrastructures civiles", tout en affirmant avoir visé des "entreprises d'industrie militaire et des sites énergétiques".
Des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions pendant des séries d'attaques sur plusieurs heures.
Après une détonation dans le centre de la capitale, un nuage de fumée s'est élevé, suivi de flammes et de braises, selon un journaliste de l'AFP. Des pompiers et des ambulances sont arrivés rapidement sur place.
Quelque cinquante minutes après la première explosion, les journalistes ont entendu une seconde déflagration près du site de l'impact initial, qui a projeté des débris dans les airs.
Dans les rues, les habitants se sont dirigés vers les abris, portant des matelas sous le bras.
Kateryna Koval, une habitante de Kiev, a expliqué à l'AFP qu'elle avait perdu l'habitude de se réfugier systématiquement dans les abris. "Mais après les dernières attaques, j'ai décidé d'y aller parce qu'il y a eu tout simplement trop de frappes sur des sites civils lors de l'attaque récente", a-t-elle souligné, réfugiée dans le métro de la capitale.
"Bien sûr, la situation peut toujours empirer, mais je ne pense pas qu'ils puissent nous intimider", a observé Kateryna Kucheriava, une médecin habitant Kiev.
- Infrastructures civiles touchées -
"Durant la nuit, l'ennemi a de nouveau lancé une attaque massive contre la région de Kiev en utilisant des drones d'attaque, des missiles balistiques et des missiles de croisière", a déclaré Mykola Kalachnyk, responsable de l'administration militaire de la région de Kiev sur Telegram, précisant que cinq districts avaient été touchés.
Le maire de la ville Vitali Klitschko a indiqué que des frappes avaient endommagé un bâtiment du centre de la capitale qui abritait un poste d'ambulances.
"Cinq professionnels de santé ont été blessés dans le district de Chevtchenkivskyï. L'un d'eux, un ambulancier, est dans un état critique", a-t-il détaillé sur Telegram.
"Le toit d'un immeuble résidentiel de grande hauteur est en feu" dans un autre district, tandis que des personnes sont prises au piège dans un autre immeuble endommagé de neuf étages, a ajouté le maire.
Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la capitale est régulièrement la cible d'attaques aériennes meurtrières et parfois massives.
Le 2 juin, une attaque russe massive menée avec 656 drones et 73 missiles a fait 23 morts, dont 16 à Dnipro (centre-est) et sept à Kiev, où une cinquantaine de personnes ont aussi été blessées, selon les autorités.
Kiev a de son côté intensifié ces derniers mois ses frappes sur la Russie et les territoires occupés par Moscou, alors que les négociations sous médiation américaine pour mettre fin à la guerre sont à l'arrêt.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un civil a ainsi été tué dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, et un autre dans la région de Nijni Novgorod, à 400 km à l'est de Moscou, dans des attaques de drones ukrainiennes, selon les autorités locales respectives.
Le 18 juin, une attaque ukrainienne massive a fait 17 blessés et touché une raffinerie majeure de Moscou, provoquant des explosions et un incendie spectaculaires.
J.Martinez--SFF