Nouveaux pics de chaleur inédits en Europe de l'Ouest, les critiques fusent en France
De l'Italie à la France, en passant par le Portugal qui a battu un nouveau record, les pays d'Europe de l'Ouest enchaînent les pics de chaleur inédits pour un mois de mai, au point de susciter des critiques contre "l'impréparation" de leurs dirigeants comme en France.
C'est à Mora, dans le centre du Portugal, que le nouveau record de chaleur pour un mois de mai dans ce pays a été atteint, avec une température maximale de 40,3°C, contre 40°C en mai 2001.
En Italie, Florence, Bologne, Turin et Brescia, dans le nord du pays, ainsi que Rome au centre, ont été placées en alerte rouge, niveau le plus élevé. Toutefois, dans les rues de Rome, la vague de chaleur ne décourage pas les touristes.
John Ren, un touriste américain, conseille lui, de "se lever tôt, commencer les activités plus tôt et faire beaucoup de pauses". Il faut "s'asseoir dans un restaurant climatisé, aller au musée, rester un peu plus à l'intérieur pendant les heures les plus chaudes de la journée", explique-t-il en connaisseur.
Une vague de chaleur d'une précocité inédite déferle depuis le début de la semaine sur l'Europe de l'Ouest, dont le Royaume-Uni, conséquence de la présence sur toute la région d'un "dôme de chaleur", zone de haute pression qui bloque l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord.
Ce phénomène météorologique, qui a déjà provoqué plusieurs décès - directement ou indirectement - en France selon le gouvernement, est synonyme de températures supérieures de 10 à 15 degrés aux normales saisonnières.
Cette chape de plomb s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air, qui entraîne des épisodes de pollution critique à l'ozone, comme en France.
Taxé d'"impréparation" par l'opposition, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a réuni dans l'après-midi plusieurs ministres à Matignon afin de travailler à un "plan d'endurance" pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.
L'élue écologiste Marine Tondelier s'est dite "effarée par l'impréparation du gouvernement", dénonçant la baisse du Fonds vert et la lenteur des rénovations scolaires.
"Le gouvernement doit sortir de la gestion de crise au coup par coup et prendre des mesures structurantes, en particulier pour adapter les logements et les écoles aux fortes chaleurs", a exhorté Anne Bringault, du Réseau Action Climat.
Au Royaume-Uni, des experts chargés de conseiller le gouvernement préconisent aussi de se donner des objectifs "mesurables" pour réduire les conséquences du changement climatique. Comme la fixation de limites de températures dans les hôpitaux, les écoles, les prisons et les entreprises, le déploiement de systèmes de refroidissement et de climatisation dans les bâtiments, le développement de davantage de systèmes de protection contre les inondations, ou l'augmentation des capacités de stockage d'eau.
- Conséquences sévères sur l'économie -
Des mesures de restrictions, dont la circulation différenciée qui exclut les véhicules les plus polluants, sont entrées en vigueur en région parisienne, à partir de jeudi midi et jusqu'à samedi soir, a indiqué de son côté la Préfecture.
Le tournoi de tennis Roland-Garros, à l'ouest de la capitale française, n'est pas non plus à l'abri des conséquences de cette chaleur inhabituelle, la star serbe Novak Djokovic exhortant publiquement les organisateurs à "repousser" les matches de quelques heures quand de telles conditions extrêmes se présentent.
Mais alors qu'un soleil de plomb accable jeudi Paris, dans un ciel sans nuage, des irréductibles de la course à pied n'abandonnent pas leur passion.
Autour du grand bassin octogonal du jardin des Tuileries, loin des points d'ombre, ils se succèdent, trottinant pour certains, à très grandes enjambées pour d'autres, mais tous le visage marqué par l'effort inhabituel qu'ils s'imposent.
"Ça va pour l'instant", brave Grégoire Delage, 33 ans, qui vient de prendre trois grandes gorgées d'eau et de mouiller sa tête à la fontaine.
Pour le responsable de l'ONU Climat, Simon Stiell, cette vague de chaleur, est un "rappel brutal des conséquences en spirale de la crise climatique".
De tels phénomènes auront des conséquences sévères sur les économies européennes, avec la croissance des pays les plus exposés amputée de 5% à 7% au total sur 2026-2030, selon une étude d'Allianz Trade.
Ces pertes cumulées atteindraient 240 milliards de dollars en France, 147 milliards en Italie, 131 milliards en Allemagne et 120 milliards en Espagne.
Les températures moyennes mondiales devraient se maintenir "à des niveaux record ou quasi record" sur la période 2026-2030, avec 75% de probabilité que la moyenne de ces cinq ans dépasse de plus de 1,5°C celle des niveaux préindustriels, a alerté jeudi l'Organisation des Nations unies.
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I.Sanders--SFF