Potentielles fissures dans les ailes: 16 Airbus A380 nécessitent des inspections
L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a ordonné l'inspection de 16 Airbus A380, dont cinq urgemment, après la découverte de fissures dans la structure des ailes d'un appareil, a indiqué mardi le constructeur aéronautique Airbus.
Sur ces 16 appareils, 15 sont exploités par la compagnie aérienne Emirates et un par la compagnie australienne Qantas, a précisé un porte-parole d'Airbus. Cinq avions d'Emirates doivent être inspectés immédiatement, dès mercredi et avant leur prochain vol.
Emirates, la compagnie des Emirats arabes unis basée à Dubaï, est le plus gros client d'Airbus pour les A380, avec une flotte de plus d'une centaine de ces très gros porteurs long courrier.
Des fissures sur un appareil "pouvant amenuiser l'intégrité structurelle de l'aile" ont été découvertes lors d'inspections ordonnées par l'EASA (European Union Aviation Safety Agency) dans une directive de décembre 2025, a précisé l'avionneur européen.
L'Agence européenne de la sécurité aérienne pointe les "wing mid spars", des longerons intermédiaires qui constituent une structure interne importante de l'aile car ils supportent les charges de torsion et de flexion.
Tous les A380 "ayant le même historique" de production ont été identifiés et Airbus va mener des inspections immédiates sur cinq appareils.
Le constructeur discutera avec l'EASA pour déterminer s'il y a lieu d'effectuer des réparations, a précisé le porte-parole d'Airbus.
Les onze autres appareils peuvent être inspectés plus tard mais avant d'avoir effectué leur treizième vol, soit 25 "cycles" de vol comprenant un décollage et un atterrissage.
Ce n'est pas la première fois qu'Airbus doit faire face à un problème de cette nature sur son très gros porteur quadrimoteur, qu'il a produit de 2004 à 2021 et dont l'assemblage final était réalisé sur le site de Toulouse.
- Des précédents -
En 2019, l'EASA avait déjà préconisé d'inspecter les ailes de 25 Airbus A380 en raison d'un risque de fissures.
A l'époque, l'agence, basée en Allemagne, avait demandé dans une "proposition de directive de navigabilité" une inspection aux ultrasons sur 25 des 234 A380 en circulation, soit ceux dont la date d'assemblage remontait à plus de 15 ans.
Avant cela en 2012, l'EASA avait demandé l'inspection de l'ensemble des appareils en service dans le monde après la découverte de micro-fissures sur les ailes de certains d'entre eux.
Ces déconvenues avaient terni la réputation du plus gros avion civil au monde.
Les travaux de réparation et de contrôle sur les "super jumbos" avaient en outre été évalués à "au moins un million d'euros par appareil, soit un coût total de 100 millions d'euros" par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
En 2019, Airbus avait annoncé la fin de la production de l'A380, en bout de course faute de commandes et le groupe avait cessé de le livrer en 2021.
Boudé par les compagnies, le programme avait été maintenu en vie grâce à un ralentissement du rythme de production passé à un exemplaire par mois en 2018, contre un total de 27 sur l'ensemble de l'année 2015.
B.Turner--SFF