Le pétrole chute après une nouvelle offre de Téhéran en vue de négocier avec Washington
Les cours du pétrole chutent vendredi avec un regain d'optimisme du marché, l'Iran ayant soumis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à reprendre les négociations pour mettre fin à la guerre, selon l'agence officielle iranienne.
"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", a indiqué l'agence Irna, qui n'a pas donné plus de détails.
Mais dans une séance marquée par une liquidité très limitée en raison du 1er-Mai, cela a suffi à faire baisser fortement les cours.
Vers 14H55 GMT (16H55 à Paris), le prix du baril de West Texas Intermediate, référence américaine du pétrole, pour livraison en juin, chutait de 3,34% à 101,56 dollars, après avoir perdu brièvement plus de 5%.
Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, dont c'est le premier jour d'utilisation en tant que contrat de référence, lâchait 1,72%, à 108,50 dollars.
Les deux références avaient pourtant débuté la séance dans le vert à cause du blocage prolongé du détroit d'Ormuz qui continue d'obstruer les exportations pétrolières en provenance du Golfe.
L'ampleur des flux perdus pour le marché à cause de la paralysie de ce passage maritime est telle que les investisseurs réagissent très fortement à la moindre annonce faisant naître l'espoir d'un déblocage du détroit.
Avec des réserves stratégiques de plus en plus faibles, la temporalité d'une amélioration devient un enjeu crucial.
Chaque semaine de délai avant un déblocage d'Ormuz "ajoute environ 5 dollars sur le prix moyen du baril" dans les scénarios des investisseurs, avait estimé Ole R. Hvalbye, auprès de l'AFP.
Par ailleurs, sept membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), prendront dimanche une décision sur leurs quotas pour la première fois depuis le départ surprise des Emirats arabes unis du groupe, effectif ce jour.
Même si le cartel devrait augmenter ses quotas de 188.000 barils par jour, selon M. Rasmussen, la réunion reste "largement sans importance" pour les prix car les pays membres (dont l'Arabie saoudite, le Koweït et l'Irak) ne sont "pas en mesure de produire ce pétrole" à cause de la guerre au Moyen-Orient.
R.Moore--SFF