Israël tue une autre figure iranienne, un immense champ gazier visé
Israël a tué une nouvelle figure du pouvoir iranien, le ministre du Renseignement Esmaïl Khatib, et donné mercredi carte blanche à son armée pour abattre tout haut responsable de la République islamique dans sa ligne de mire.
Le pouvoir iranien a confirmé la mort de son ministre du Renseignement quelques heures seulement après avoir rendu un hommage à Ali Larijani, puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale, lui aussi tué dans une frappe israélienne.
Autant d'"assassinats lâches", selon le président iranien Massoud Pezeshkian.
La liste des dirigeants iraniens que les Etats-Unis et Israël ont tués s'allonge depuis le premier d'entre eux, le guide suprême Ali Khamenei, au premier jour de la guerre le 28 février.
Israël a promis le même sort à son fils Mojtaba, qui lui a succédé le 8 mars mais n'est pas apparu en public depuis. Des responsables américains et israéliens le disent "défiguré", d'autres blessé à la jambe. Le président américain Donald Trump met en doute le seul fait qu'il soit vivant.
Pour l'heure, le gouvernement iranien "reste en place mais est fortement affaibli", a assuré Tulsi Gabbard, cheffe des services de renseignement américains.
- Le baril de Brent grimpe de 5% -
Selon la télévision d'Etat iranienne, Israël a aussi frappé avec les Etats-Unis le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par l'Iran et le Qatar.
Conséquence immédiate: les prix du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de Brent grimpant même de plus de 5%.
Afin de tenter de contenir cette flambée des cours, l'administration Trump a dans la foulée suspendu certaines restrictions sur le transport de carburant.
Le président américain a aussi dénoncé le refus des alliés des Etats-Unis d'aider les Etats-Unis à sécuriser le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL).
"Nous sommes bien sûr tous d'accord pour dire que le détroit doit être rouvert", a assuré le chef de l'Otan Mark Rutte dans une tentative d'apaisement. "Et ce que je sais, c'est que les alliés travaillent ensemble et discutent de la manière de procéder, de la meilleure façon d'y parvenir", a-t-il déclaré.
Ce choc énergétique majeur a des conséquences très concrètes à travers le monde: la compagnie aérienne SAS a dit annuler au moins un millier de vols en avril, quelques jours après avoir déjà augmenté ses tarifs. Le chimiste allemand BASF a augmenté de 30% le prix de certains de ses produits industriels en Europe.
En Thaïlande, de nombreux pêcheurs sont contraints de rester à quai, étranglés par le gazole trop cher.
Les frappes contre l'immense champ gazier de South Pars/North Dome ont été vivement critiquées par Abou Dabi et le Qatar, qui les a qualifiées de "dangereuses et irresponsables".
L'Iran a menacé de cibler en retour des installations énergétiques dans le Golfe.
- "Habitués aux bombardements" -
Des "débris" ont aussi touché l'aéroport international Ben-Gourion, à la suite de tirs de missiles iraniens sur Israël, a annoncé mercredi l'armée à l'AFP.
Israël poursuit aussi son offensive au Liban, cette fois contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, en visant là encore ses hauts responsables.
Plusieurs frappes ont visé à l'aube des quartiers du centre-ville, dont des zones densément peuplées.
Des images de l'AFP ont montré d'épais panaches de fumée après une attaque près du front de mer, où des déplacés dormaient dans leurs voitures.
Selon les autorités libanaises, ces frappes ont tué 968 personnes, dont 116 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars.
L'armée israélienne a aussi annoncé avoir frappé le Hezbollah dans la région de Tyr, cité classée au patrimoine mondial de l'Unesco.
burx-cjc/am
X.Roberts--SFF