Honduras: l'ex-président Hernandez, gracié par Trump, comparaîtra libre à son procès
La justice du Honduras a autorisé lundi l'ancien président Juan Orlando Hernandez à comparaître libre dans le procès pour corruption qu'il affronte après avoir été condamné pour narcotrafic puis gracié par le président américain Donald Trump.
L'ex-dirigeant, président du Honduras entre 2014 et 2022, doit répondre devant la justice de son pays de détournement de fonds publics dans le cadre du financement de sa campagne en 2013.
Condamné en 2024 aux Etats-Unis à 45 ans de prison pour trafic de drogue, il avait été gracié en novembre 2025 par Donald Trump et libéré en décembre de la même année. La justice américaine l'avait reconnu coupable d'avoir participé et protégé un réseau qui a envoyé plus de 500 tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis.
L'ancien dirigeant est rentré dans son pays le 26 juillet, en remerciant le président américain.
Lors d'une audience au cours de laquelle il a été mis en examen pour blanchiment de fonds présumé et fraude, un juge a décidé de maintenir la suspension du mandat d'arrêt le visant, lui intimant de s'engager par écrit à "ne pas s'enfuir", a déclaré à la presse Carlos Silva, porte-parole du pouvoir judiciaire.
Le juge a par ailleurs fixé la première audience du procès au 12 août, a-t-il ajouté.
En novembre, Donald Trump avait gracié celui que ses compatriotes surnomment "JOH", arguant qu'il avait été victime d'une injustice de la part de son prédécesseur démocrate Joe Biden.
Cette grâce avait coïncidé avec l'irruption du président américain dans l'élection présidentielle au Honduras. Donald Trump avait alors apporté son soutien à l'entrepreneur conservateur Nasry Asfura, membre du Parti national de M. Hernandez, menaçant de réduire l'aide au pays le plus pauvre et le plus violent d'Amérique centrale si son favori ne l'emportait pas.
M. Asfura avait remporté la victoire de justesse, sur fond d'accusations de fraude de la part de l'opposition hondurienne.
À son retour au Honduras, M. Hernandez a averti qu'il n'allait pas "baisser la tête".
L'ex-président se dit victime d'une "persécution politique" et nie avoir détourné deux millions de dollars de fonds publics pour financer sa campagne présidentielle. Il espère récupérer au moins 130 biens qui lui ont été confisqués lorsqu'il a été extradé vers les Etats-Unis.
Y.Gomez--SFF