Liban: Israël n'a pas pu "briser la résistance" du Hezbollah, dit son chef
Le chef du Hezbollah libanais, Naïm Qassem, a affirmé qu'Israël n'avait pas réussi à "briser" la résistance du groupe, lors d'un discours dimanche commémorant l'assassinat du chef charismatique de la formation pro-iranienne, affaiblie par deux guerres avec l'armée israélienne.
"Ils n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, à briser la résistance et mettre un terme à son existence, à consacrer l'occupation israélienne et à instaurer des colonies" dans le sud du Liban, a assuré le chef du Hezbollah.
Son discours était retransmis sur des écrans géants à l'énorme foule, estimée à des dizaines de milliers de personnes par des journalistes de l'AFP, rassemblée dans et autour du mausolée de Hassan Nasrallah.
Le chef du Hezbollah a été assassiné lors d'une frappe israélienne en septembre 2024 sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien où se trouve le mausolée.
Le Hezbollah est sorti affaibli de deux guerres avec Israël.
Il est sorti de la première, menée pour soutenir le Hamas palestinien à Gaza, décapité, et avec une partie de son arsenal détruit.
Il a pourtant entraîné de nouveau le Liban dans la guerre en mars dernier, pour soutenir l'Iran dans son conflit avec les Etats-Unis et Israël.
Israël a riposté par d'intenses bombardements au Liban, dont il a occupé une partie du sud. Ces hostilités en 2026 ont fait plus de 4.300 morts, selon Beyrouth, et des centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées.
- Nasrallah "nous a montré la voie" -
Dans la foule, des femmes en noir pleurent, des hommes répètent "Mort à l'Amérique, mort à Israël", d'autres brandissent des fanions jaunes du Hezbollah, ainsi que des drapeaux libanais et iraniens.
Hassan Nasrallah "nous a montré la voie" et "ces foules sont la preuve que nous poursuivons dans cette voie et restons fidèles à cet engagement", affirme Ali Nasser, 30 ans, originaire de Haddatha, dans le sud du Liban.
Hassan Nasrallah, qui a dirigé le Hezbollah de 1992 à son assassinat en 2024, avait fait évoluer le parti en une force politique et militaire incontournable.
Sous la pression internationale, en particulier américaine, le Liban a élaboré un plan pour désarmer le Hezbollah, mais le parti s'y oppose, et rejette les négociations entamées entre Israël et le Liban pour mettre fin à des décennies de conflit.
"Toute la pression aujourd'hui sur le Liban vise à accomplir ce qu'Israël n'a pas réussi à faire en deux ans (...) ils veulent que l'armée désarme le Hezbollah", a dit Naïm Qassem, jugeant que l'institution militaire libanaise n'allait pas entrer en confrontation avec son parti car il s'agit d'une "armée nationale".
Il a assuré être prêt "au dialogue" avec le pouvoir libanais au sujet du désarmement. "Mais qu'ils libèrent le sud d'abord, et que les habitants y retournent", a-t-il lancé.
Le Liban et Israël ont conclu en juin en accord-cadre sous les auspices des Etats-Unis qui prévoit le retrait progressif des forces israéliennes sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.
Mais sa mise en oeuvre piétine et Israël a prévenu qu'il resterait dans le sud du Liban tant que perdureraient les menaces sur sa sécurité.
Le ministre israélien d'extrême droite, Bezalel Smotrich, a prôné dimanche une annexion du sud du Liban "jusqu'au fleuve Litani" - à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière - y voyant un moyen pour Israël de mieux dissuader ses ennemis.
La violence a diminué après un protocole d'accord américano-iranien en juin puis l'accord-cadre.
Israël continue cependant de mener des attaques, disant viser des infrastructures du Hezbollah dans le sud. Le mouvement n'a plus revendiqué d'attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.
M.Hill--SFF