Huit morts dans des frappes israéliennes nocturnes sur Gaza après l'accord annoncé
De nouvelles frappes nocturnes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait au moins huit morts, a indiqué la Défense civile dimanche, en dépit de l'annonce d'un accord sur un désarmement du mouvement islamiste Hamas et un retrait israélien du territoire palestinien.
D'après le texte de l'accord conclu par le "Conseil de Paix" du président américain, qui a été le premier à l'annoncer dès jeudi soir, Israël, ainsi que le Hamas, devront cesser leurs opérations militaires.
L'accord prévoit aussi "un retrait progressif des forces israéliennes des zones qu'elles contrôlent encore à Gaza" ainsi que le "démantèlement des groupes armés", dont le Hamas.
Si ce mouvement a confirmé l'accord, Israël n'y a pas réagi officiellement.
Et les frappes israéliennes et les tirs qui se sont poursuivis dans la nuit ont touché plusieurs immeubles d'habitation et fait huit morts, d'après la Défense civile, qui avait déjà dénombré avant cela huit autres victimes samedi.
Parmi les victimes, un homme et une femme ont été tués dans la soirée et plusieurs autres blessés lorsqu'un "hélicoptère militaire israélien a frappé un appartement (...) au sud de Deir al-Balah", selon le porte-parole de la Défense civile palestinienne, Mahmoud Bassal.
De plus, une personne a été tuée et plusieurs autres ont été blessées quand les "les forces israéliennes ont ouvert le feu dans la vieille ville de Gaza", selon la Défense civile.
Et "trois personnes, dont un enfant, ont été tuées après qu'une frappe israélienne a visé un appartement appartenant à la famille Al-Hams (...) au nord-ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza", a complété cette même source tôt dimanche.
- Cratère -
Samedi, huit autres personnes avaient été tuées dans de précédentes frappes israéliennes dans la bande de Gaza, d'après la Défense civile et des établissements de santé, quelques heures après l'annonce de l'accord de désarmement.
Une attaque a visé un entrepôt de stockage de fournitures médicales de l'hôpital al-Aqsa, provoquant d'importants dégâts, selon le ministère de la Santé de Gaza, détruisant selon lui deux des quatre entrepôts de médicaments du complexe hospitalier et endommageant gravement les deux autres, ainsi qu'une clinique mobile voisine.
Sur place, des journalistes de l'AFP ont vu un large cratère au sol, et des personnes fouillant les débris au milieu de médicaments.
L'armée israélienne a affirmé avoir visé un bâtiment qui "servait de cachette aux terroristes du Hamas, qui y stockaient leurs armes", assurant avoir pris des mesures préalables pour avertir les habitants.
Le ministère de la Santé à Gaza a indiqué que 152 personnes avaient été tuées dans le territoire en juillet, le bilan mensuel le plus élevé depuis le début de l'année selon lui.
Vivant "entre l'espoir et la peur", Abdallah al-Hou, un trentenaire du nord de Gaza, a réclamé un "véritable cessez-le-feu, car chaque heure de retard signifie davantage de victimes".
"La balle est dans le camp" israélien, a déclaré samedi à l'AFP Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, exhortant les médiateurs dans le conflit à "mettre la pression sur Israël pour qu'il arrête de violer le cessez-le-feu".
Interrogée samedi par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué que ses soldats restaient déployés dans une partie de la bande de Gaza "conformément à l'accord de cessez-le-feu".
Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre dernier, et les frappes israéliennes sur le territoire sont restées très régulières.
Depuis octobre, au moins 1.222 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
L'armée israélienne rapporte avoir perdu cinq soldats dans la bande de Gaza durant la même période, ainsi qu'un employé civil sous contrat.
Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à la bande de Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur le terrain.
J.Martinez--SFF