Le roi Charles découvre l'Amérique des petites villes au dernier jour de sa visite d'Etat
Le roi Charles III s'est immergé jeudi dans la culture populaire américaine, au dernier jour d'une visite d'Etat visant à resserrer les liens entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, mis à l'épreuve par la guerre en Iran.
"C'est un roi formidable -- le plus formidable des rois, à mon avis", l'a salué Donald Trump, au moment de la cérémonie d'au revoir officielle à la Maison Blanche.
"Des gens formidables. Nous avons besoin de plus de gens comme eux dans notre pays", a lancé le président américain quelques minutes plus tard, quand le couple royal s'éloignait en voiture, après des poignées de main et quelques mots échangés.
Au cours de cette visite d'Etat de quatre jours, Donald Trump a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le souverain britannique et la reine Camilla avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon, survol de la Maison Blanche par des avions de combat et dîner de gala.
Le républicain fait régulièrement des allusions à l'idée de devenir roi lui-même. Il a encore écrit mardi sur son réseau Truth Social qu'il avait "toujours voulu vivre à Buckingham" Palace, et la Maison Blanche a publié sur son compte X une photo de Charles et de lui avec le commentaire "DEUX ROIS" accompagné d'une petite couronne.
Quelques heures après les avoir reçus, Donald Trump a annoncé supprimer les droits de douane sur le whisky écossais "en l'honneur du Roi et de la Reine du Royaume‑Uni, qui viennent de quitter la Maison Blanche et rentrent bientôt dans leur merveilleux pays".
- Cimetière militaire -
Après l'avoir salué dans la matinée, le roi Charles et la reine Camilla se sont rendus au cimetière militaire d'Arlington, en banlieue de Washington, où ils ont déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du Soldat inconnu et se sont recueillis au son d'un clairon.
Puis ils ont participé à Front Royal, en Virginie, à une fête de quartier pour marquer le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance par laquelle des colonies britanniques sont devenues en 1776 les Etats-Unis d'Amérique.
La petite ville avait mis les petits plats dans les grands, une foule en liesse les applaudissant lors d'un défilé organisé en leur honneur.
Le roi et la reine ont examiné avec attention les spécialités culinaires locales, rencontré une équipe de jeunes joueurs de baseball et échangé avec un fermier tenant dans ses bras un agneau d'un jour qui bêlait, prénommé Charles en l'honneur du visiteur.
La journée s'est achevée par une visite du parc national de Shenandoah, où ils ont rencontré des représentants de la nation indienne Monacan, dont les terres ancestrales recouvraient une grande partie de cette région.
Le couple s'est ensuite envolé vers l'archipel des Bermudes, territoire britannique dans l'océan Atlantique.
- Valeurs communes -
Le temps fort de cette visite d'Etat a été le discours mardi de Charles III devant le Congrès américain. Un moment rare : il est seulement le deuxième souverain britannique à s'y être exprimé après Elizabeth II, sa mère, en 1991.
Le discours du roi a été chaleureusement reçu, même s'il a abordé des sujets sensibles pour les soutiens républicains de Donald Trump, en appelant à faire preuve d'une "détermination sans faille" pour la défense de l'Ukraine ou encore en évoquant l'équilibre des pouvoirs et le changement climatique.
Au moment où la relation entre Londres et Washington connaît des turbulences, autour de la guerre en Iran en particulier, il a exhorté les deux pays à défendre leurs valeurs communes et à résister aux appels à se replier "toujours davantage sur eux-mêmes".
Le couple royal s'est aussi rendu mercredi à New York, où il s'est recueilli au mémorial du 11-Septembre et a rencontré le nouveau maire de la ville, Zohran Mamdani.
Charles III, fervent défenseur de la cause environnementale, a également visité une ferme urbaine dans le quartier historiquement défavorisé de Harlem, pendant que Camilla se rendait à la bibliothèque municipale de New York pour célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson.
Le dispositif de sécurité autour de cette visite d'Etat était particulièrement serré après qu'un homme armé a tenté samedi à Washington de forcer l'entrée d'un gala auquel assistaient le président américain et son épouse.
D.Parker--SFF