Ex-détenus en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris décrochent leurs portraits de l'Assemblée
Cécile Kohler et Jacques Paris, rentrés en France le 8 avril après plus de trois ans d'emprisonnement en Iran, ont décroché symboliquement mardi leurs portraits affichés devant l'Assemblée nationale en geste de solidarité durant leur détention, a constaté l'AFP.
Arrêtés en mai 2022 et accusés d'espionnage, les deux Français ont été détenus dans la sinistre prison d'Evine, avant d'être libérés début novembre 2025 mais assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran. Ils n'ont pu quitter le territoire iranien que le 8 avril.
Cécile Kohler et Jacques Paris ont décroché chacun leur portrait des grilles de l'Assemblée nationale en présence de la présidente de l'institution, Yaël Braun-Pivet et du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Visiblement émus, ils ont serré dans leurs bras leurs proches et d'autres Français ayant aussi été détenus en Iran, pays accusé par la France d'utiliser les ressortissants étrangers comme "otages d’État".
"Ces portraits, nous les avons vus lorsque nous étions en cellule" à la télévision iranienne qui couvrait une manifestation d'agriculteurs devant l'Assemblée nationale, a raconté Jacques Paris, 72 ans. "Cela a été pour nous un grand réconfort (...) une marque supplémentaire que nous n'étions pas seuls".
Leur décrochage a "une portée symbolique" a-t-il ajouté: "Cela veut dire que nous tournons la page, qu'aujourd'hui nous sommes libres".
"Nous avons connu des conditions de détention inhumaines, mais nous avons aussi traversé deux guerres et c'est une expérience effroyable", a de son côté déclaré Cécile Kohler, 41 ans.
"Nous voulons aussi dire notre solidarité à l'égard des prisonniers iraniens qui sont en détention arbitraire dans leur pays, mais également des Iraniens qui sont entre deux feux, d'un côté la répression et de l'autre côté la guerre", a-t-elle dit.
"Aujourd'hui on peut se réjouir car nous n'avons plus d'otage d’État en Iran", a déclaré Yaël Braun-Pivet. "La République n'abandonne jamais ses enfants", a-t-elle ajouté, évoquant l'emprisonnement depuis juin dernier du journaliste français Christophe Gleizes en Algérie où il a été condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".
"Nous espérons que nous pourrons bientôt fêter sa libération, mais le chemin, je crois va être encore un peu long", a-t-elle commenté.
Jean-Noël Barrot a lui affirmé à la presse que la France restait "totalement" mobilisée pour obtenir sa libération.
"Nous avons des nouvelles de Christophe Gleizes qui va bien, mais ça ne nous suffit pas. Nous exigeons sa libération inconditionnelle et immédiate", a-t-il affirmé.
R.Baker--SFF