Propos sur les "rafles": ciblé par des tweets "abjects", Arno Klarsfeld porte plainte pour "incitation à la haine"
Visé par une procédure disciplinaire au Conseil d'Etat pour ses propos sur des "rafles" d'étrangers, l'ex-avocat Arno Klarsfeld va porter plainte pour "incitation à la haine" face aux "centaines de tweets abjects" le visant, ont annoncé jeudi ses avocats à l'AFP.
"Différents organes de presse ont fait l'écho d'une ouverture de procédure disciplinaire lancée par le président de la commission supérieure du Conseil d'État à l'encontre de M. Arno Klarsfeld", indiquent-ils.
Ces fuites ont provoqué un "déferlement d'insultes antisémites", ajoutent-ils.
M. Klarsfeld, 60 ans, avait suscité dimanche l'indignation pour avoir évoqué sur CNews le lancement de "grandes rafles" en France, sur le modèle américain, pour arrêter les étrangers en situation irrégulière.
Selon ses avocats, les griefs retenus "tronquent l'élément essentiel de son intervention", lié au "viol présumé par un OQTF d'une nonagénaire" à Nice.
M. Klarsfeld livrait une "analyse critique" de la politique menée aux États-Unis, relevant qu'elle "suscitait de multiples injustices", assurent ses conseils.
Le terme de "rafle" a été utilisé dans son "acception strictement lexicale" de "vaste opération policière d'interpellation", précisent-ils, réfutant toute équivalence avec "l'action des nazis".
"Il n'est pas équivalent d'arrêter un enfant juif parce qu'il est juif et de l'envoyer être assassiné à Auschwitz dans une chambre à gaz que d'arrêter des délinquants et criminels sous OQTF et de les renvoyer dans leur pays d'origine", soulignent-ils.
M. Klarsfeld entend faire cesser par "toute voie de droit" cette campagne qui lui met "une cible dans le dos" compte tenu de "l'action que lui et sa famille ont toujours mené dans la lutte contre le racisme et l'antisémitisme et le soutien à Israël", concluent-ils.
Dimanche, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure avait confié son incrédulité. "Dites-moi que c'est un fake, dites-moi que ce n'est pas possible", avait-il réagi sur X.
"La loi du 24 juillet 1881 permettra de condamner sa provocation à la discrimination, la haine et la violence, mais aussi l'apologie du crime", avait ajouté le numéro un du PS dans un nouveau message, annonçant saisir la procureure de la République, comme l'avaient déjà indiqué des députés de La France insoumise, tels que Thomas Portes.
Ce dernier avait annoncé qu'il effectuait également une démarche auprès de l'Arcom, le régulateur des médias.
Les parents de l'avocat ont lutté contre l'impunité des anciens nazis et créé une association pour défendre les Fils et Filles de déportés juifs de France.
En France, les persécutions et les déportations des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ont été marquées par la Rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942, lorsque plus de 13.000 personnes furent arrêtées.
B.Ramirez--SFF